Lundi 20 juillet 2009
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Londres,
De notre envoyée spéciale —
Utiliser des
ressources naturelles considérées comme inépuisables à la place des ressources fossiles comme le pétrole et le gaz naturel. Tel est l’appel fait lors de l’atelier sur les technologies des
énergies vertes, organisé lors de la sixième conférence pour les journalistes scientifiques tenue à Londres début juillet. Renouvelables, vertes, propres, durables, nouvelles : telles sont les
appellations de ce genre d’énergie qui regroupe l’énergie solaire photovoltaïque, éolienne, hydraulique, géothermique et aux bio-carburants. Les animateurs, qui n’étaient autres que des
responsables ou personnes impliquées dans des entreprises et projets énergétiques ainsi que la Commission européenne, ont souligné l’importance de passer à l’utilisation de ce genre d’énergie
afin de faire face à la crise économique et la pollution environnementale. Giovanni de Santi, directeur de l’Institut de l’énergie relevant de la Commission européenne, Alok JHA, de la revue
Science et Environnement, tout comme Frank RAES, responsable de l’unité changement climatique à l’Institut international de l’environnement et du développement, ont insisté sur la nécessité d’un
changement rapide des comportements en matière d’exploitation des sources d’énergies. Selon eux, l’énergie renouvelable n’engendre pas ou cause peu de déchets et d’émissions polluantes. Elle
participe à la lutte contre l’effet de serre et les rejets de CO2 dans l’atmosphère et facilite la gestion raisonnée des ressources locales. « Ce genre d’énergie émanant des ressources naturelles
assure la durabilité, la sécurité et l’accessibilité. La durabilité parce qu’il s’agit de ressources renouvelables dans la nature comme le soleil, l’eau ou l’air. La sécurité est d’une importance
extrême parce que l’individu veut avoir une énergie sans coupures ni pannes, et accessibilité parce que c’est le moins cher de tout autre genre d’énergie », explique Giovanni de Santi. Pour lui,
les pays de l’Union européenne et les autres pays notamment en Afrique devraient se lancer dans la production de l’électricité propre émanant de l’énergie solaire photovoltaïque « parce qu’ils
n’ont pas le choix ».
L’Afrique, à cet égard, a été au centre des discussions. Les pays de ce continent sont appelés à faire usage des différentes technologies de
l’énergie verte. Non eulement pour leur propre intérêt, mais aussi pour exporter cette énergie propre à l’Europe. La Commission européenne veut s’impliquer dans ce projet. Avec sa technologie de
pointe dans ce domaine, elle veut bien entamer le plus tôt possible un projet ou plusieurs projets séparés, dans les pays de l’Afrique du Nord pour exporter l’énergie renouvelable à l’Europe. En
fait, engendrer de l’électricité à travers l’énergie solaire en Afrique a été abordé à plusieurs reprises durant l’atelier. Mais le projet de la Commission européenne a attiré plus d’attention
parce qu’il s’agit de transférer également le savoir-faire aux pays africains afin qu’ils puissent utiliser ce genre d’énergie propre à l’intérieur et le vendre à plusieurs autres pays.
Ce genre d’énergie sera cher à l’avenir
Le projet consiste à produire de l’énergie solaire en Afrique pour la consommer en Europe. Mais la priorité est d’abord de rendre les pays
africains plus autonomes et non pas de louer leurs terres pour exploiter le potentiel solaire. Les Européens seront responsables de la fourniture en équipements pour les besoins locaux en système
photovoltaïque, le côté africain assurant les chercheurs, les techniciens et le lieu d’établissement des projets. Ce genre de projet qui pourrait entrer dans le cadre de la coopération
méditerranéenne apporterait à la fois de l’électricité et des ressources financières aux pays d’Afrique du Nord. De plus, cela permettrait de donner à l’Europe une source énergétique susceptible
de l’aider à remplir son objectif de 20 % d’électricité produite à partir d’énergies renouvelables d’ici à 2020, contre 8 % aujourd’hui. « C’est un projet pilote dont les pays d’Afrique
profitent. Ils peuvent vendre cette énergie engendrée à des coûts abordables et bien sûr l’utiliser pour leur propre intérêt dans leur pays. La Commission européenne s’intéresse à coopérer avec
le secteur privé ou public du pays africain en question tout en transférant le savoir-faire et la formation aux chercheurs qui y participent », assure De Santi.
Les pays africains riches de ressources naturelles mais qui utilisent encore aujourd’hui les ressources fossiles devraient saisir l’occasion de
tirer profit de leurs ressources renouvelables. « Les pays africains, y compris l’Egypte, exportent le pétrole et le gaz naturel à des prix très bas, et ce genre d’énergie sera épuisé d’ici 25
ans. Pourquoi donc ne pas penser à exploiter les énergies renouvelables et, en même temps, les vendre à ceux qui en veulent ? N’oublions pas que le Désert occidental fait partie des endroits les
plus ensoleillés du monde, cette énergie doit être exploitée. Le plus important à mon avis est d’avoir des contrats équitables. Je pense que nous allons gagner beaucoup de ce genre de projet,
nous allons en profiter et nous devons saisir cette occasion parce que ce genre d’énergie sera cher à l’avenir », souligne Samir Ghabbour, directeur du comité égyptien pour le programme « L’homme
et la biosphère » relevant de l’Unesco et ancien chef du département des ressources naturelles au sein de l’Institut des études africaines .
Racha Hanafi